Ce phénomène des sans-domicile-fixe est le fruit d'un processus clairement identifié de longue déchéance, souvent
chaotique. Pascal Lévêque a rappelé que cette trajectoire peut être retournée par des politiques actives en espérant la survenance alors d'une trajectoire ascendante.
L'INSEE estime la population des
SDF de l'ordre de 80.000 dont 16.000 enfants, le dernier rapport parlementaire le porte à 100.000 personnes. Ces chiffres peuvent paraître faibles eu égard par exemple à l'estimation faite par
l'association ADT quart-monde qui estime entre 400.000 et 600.000 personnes rencontrant de très grandes difficultés pour avoir un toit. Enfin la Fédération Européenne d'associations, travaillant
avec les sans-abris, estime à 900.000 personnes dans cette situation. Si le nombre total des SDF manque de précision, la population est relativement mieux connue en caractéristiques :
majoritairement, les SDF se situent dans la tranche d'âge qui va de 20 ans a 40 ans. En ce qui concerne la répartition de la population selon le sexe, l'ensemble des travaux observe une relative
homogénéité : l'expérience de la rue concerne beaucoup plus fortement les hommes que les femmes ; la présence des femmes est relativement rare (moins de 15 %).
Pascal Lévêque a ensuite analysé les causes amenant à la situation de SDF. La présence de facteurs lourds, très pénalisant dans l'existence, explique la situation des SDF ; parmi ceux-ci on peut
citer les ruptures familiales, la perte du logement ou encore la perte de l'emploi ; bien évidemment, si chaque facteur est à lui seul suffisant pour faire basculer la vie et les conditions
matérielles de la survie, le cumul de ces facteurs est très aggravant.
Le débat a alors porté sur comment aider à recréer une trajectoire ascendante ? Trois pistes ont été analysées :
la trajectoire ascendante par le travail, la trajectoire ascendante par les minima sociaux et enfin la trajectoire ascendante par l'accès aux droits et à la prévention. Le débat a été
particulièrement riche concernant les propositions possibles face à la problématique d'hébergement d'urgence et la construction de logements. Pascal Lévêque a rappelé que la première
responsabilité est politique. Tout d'abord la responsabilité de l'État, celui-ci détient dans le domaine de l'hébergement et de l'accès au logement un rôle primordial, car permettre à chacun
d'avoir un toit est de sa responsabilité. L'État doit donc impulser l'action, coordonner les politiques en ayant une vue d'ensemble, anticiper les besoins et fournir les moyens juridiques et
financiers nécessaires aux associations, aux bailleurs et aux collectivités locales.
Toutefois le conseiller municipal de Saint-Germain-en-Laye a tenu à rappeler la responsabilité des élus et des collectivités territoriales. Les élus sont en première ligne face aux
citoyens, inquiets, parfois récalcitrants ou hostiles à l'implantation dans leurs quartiers, dans leurs villes, de centres d'hébergement ou de nouveaux logements sociaux. Pascal Lévêque a tenu
à rappeler que là où il y a une volonté politique, une vraie politique du logement peut être engagée. Cela nécessite une mobilisation constante, un effort d'explication, de pédagogie et
d'information des habitants, une détermination sans faille.
Il a rappelé que l'article 55 de la loi SRU impose aux communes l'obligation de disposer d'au moins 20% de logements locatifs sociaux parmi leurs résidences principales. Il estime qu'il faut
aller nettement plus loin, mettre en oeuvre les pouvoirs de substitution donnée par la loi aux préfets en cas de carence constatée, voire même accroître ces pouvoirs.
Le débat a également porté sur le fait de passer d'une culture de la charité à une culture d'intervention professionnelle, de mieux prévenir les expulsions locatives, de ne plus suspendre le versement de l'aide personnelle au logement en cas de non-paiement du loyer, d'améliorer les dispositifs de premier secours ou de moderniser les dispositifs d'hébergement. Les nombreuses questions de l'assistance ont montré que l'existence dans notre société de sans-domicile-fixe reste un véritable défi national. Le conseiller municipal de Saint-Germain a conclu en rappelant que nous manquons de logements en France. « Non seulement, nous ne construisons pas assez de logements en général, mais nous construisons pas assez de logements très sociaux, ou de logements adaptés aux populations les plus fragiles. Si nous ne sommes pas en capacité de répondre aux demandes déposées par les personnes jugées prioritaires dans le cadre de la loi DALOt, celle-ci va créer une situation explosive ».
Le texte complet de la conférence peut être téléchargé en cliquant sur ce lien (pdf, 105ko).
En dix ans, la population de Saint-Germain-en-Laye a progressé de 7.10% pour
atteindre 43.015 habitants en 2008. Une progression importante après une période de déclin démographique entre 1990 et 1999 (-1.500 habitants).
Tribune du Journal de Saint-Germain du 21 novembre 2008
Les parents d'élèves du Lycée International de Saint-Germain ont reçu
récemment une lettre leur annonçant la suspension sine die de la plupart des travaux pratiques de SVT (Sciences de la Vie et de la Terre) et de Physique Chimie, suite aux
contraintes budgétaires, qui ne permettent plus de "faire face, tant du point de vue pédagogique que la sécurité". Seuls les élèves en dernière année d'enseignement auront des
travaux pratiques. Les professeurs indiquent être "dans l'obligation d'interrompre les travaux pratiques et les expériences de cours [...] à partir du 26 septembre, et jusqu'à ce que
le rectorat réponde favorablement à [leur] demande".
Les polices municipales peuvent désormais s'équiper du fameux
Il y a quatre ans, juste après avoir décidé de recourir à la
vidéosurveillance, l'élu avait subi un vent de protestation. "Ce sujet n'anime plus de débats passionnés. Même les villes de gauche s'équipent", estime le maire. Peut-être, mais à
gauche justement, l'extension fait grincer des dents. "Ce dispositif a un coût exhorbitant pour une utilité encore à prouver. Des rapports récents mettent en doute son efficacité",
souligne Nicolas Didon, secrétaire de la section locale du PS. Nous aurions préféré que l'argent soit affecté à la présence de policiers au contact de la population. En plus, il n'y a pas eu
de débat. Le maire a décidé seul d'étendre le dispositif, comme par hasard cinq mois avant les élections..."

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