1ères Rencontres Economiques de Saint-Germain : peut mieux faire

Publié le par Parti Socialiste de Saint-Germain-en-Laye

logo Rencontres economiques petit 04La municipalité de Saint-Germain a organisé le 8 décembre dernier les premières rencontres économiques de Saint-Germain sur le thème : « Retour de l'Etat dans le secteur privé, pourquoi faire ? »

Une centaine d'acteurs économiques ont assisté à ce débat dans la salle multimédia de la mairie.

Le premier intervenant, Nicolas Bouzou, économiste, a dressé un rapide aperçu de l'État de l'économie française. Il a rappelé le fort recul de l'industrie (-35 %), le peu d'investissement, la spirale des prix désinflationniste et les destructions d'emplois. Il a accordé un satisfecit au gouvernement sur son plan de relance d'investissement et a écarté d'un revers toute relance par la consommation. Il a reproché à l'État de tout décider d'en haut et de ne pas s'appuyer sur des politiques de développement local. Il a qualifié « d'idiotie monumentale » la baisse de TVA accordée aux restaurateurs.

Gilles Michel, directeur général du Fonds Stratégique d'investissement a présenté les missions de son fonds doté de 20 milliards €. Ce fonds (51 % Caisse des Dépôts et de Consignations et 49 % l’Etat) a pour objectif d'apporter des fonds propres aux entreprises françaises qui en manquent cruellement. Le fonds a vocation d'être un actionnaire minoritaire de moyen et long terme. Il peut intervenir sur trois cibles. De façon minoritaire sur des grands groupes, par exemple Valéo. Son cœur de cible est les entreprises de taille moyenne de 150 millions € à 1,5 milliards €, comme Carbone Lorraine par exemple. Puis des PME en partenariat avec les Caisses de Dépôts et Consignations au niveau local.

Philippe Camus, président d'Alcatel-Lucent, avec bonhomie et pédagogie a apporté sa vision de grand patron d’un groupe, présent dans 140 pays. Il a rappelé la faiblesse des fonds propres des sociétés et s'est interrogé sur le rôle de l'Etat dans l'économie. Quand on est une multinationale, l’Etat, c’est qui ? Que peut peser un gouvernement quand on est présent dans 140 pays ? Fondamentalement il attend qu'un gouvernement crée un environnement favorable aux entreprises et maintienne les conditions de compétitivité.

Joseph Konvitz, chef économiste à l'OCDE, a insisté sur l'importance de renforcer les bonnes pratiques, de développer l'innovation. Il a insisté sur la notion de gouvernance mondiale et le rôle du G20 demain. Il a enfin souligné l'investissement nécessaire en matière de formation et de recherche.

Deux chefs d'entreprises Saint-Germanois ont témoigné sur leurs activités tournées à l'exportation. Enfin Nicolas Bouzou a qualifié Saint-Germain-en-Laye à la fois d'économie résidentielle et d'économie productive notamment en raison d'un tiers de Saint-Germanois ayant un emploi dans la ville même.

Les quelques questions posées à la fin du débat des Premières Rencontres Economiques de Saint-Germain-en-Laye ont illustré la relative ambiguïté du positionnement de ces rencontres. A-t-on vraiment parlé du sujet de la conférence c'est-à-dire du retour de l'État dans le secteur privé ? S'agit-il pour ces Rencontres de développer un cycle de conférences pour mieux comprendre l'économie ? Ou bien s'agissait-il de présenter concrètement les dispositifs financiers d'aides aux entreprises pour rechercher ou consolider des fonds propres? Sur ce point, une certaine déception régnait parmi les auditeurs dans la salle. Les chefs d'entreprise d'au moins 150 millions €, cible prioritaire du fonds stratégique d'investissement et évoquée par son directeur général Gilles Michel, ne devait pas être très nombreux dans l'assistance !

À l'avenir, ces Rencontres Economiques gagneraient en efficacité en ayant un objectif clair et précis. L'animation très professionnelle de Vincent Perrault, Conseiller Municipal et par ailleurs journaliste professionnel, a donné un ton très télévisuel au débat mais en retirant toutefois une certaine spontanéité aux intervenants sur des questions manifestement préparées à l'avance !

Enfin sur l'intervention de l'économiste Nicolas Bouzou, celui-ci a peu argumenté son rejet total de plan de relance par la consommation. Or la consommation des ménages est en train de lâcher et depuis six mois c'est notre point faible. Sans achats des particuliers ni investissements des entreprises on ne pourra parler de reprise ou encore moins de rebond. Or sans consommation des ménages, il n'y a pas de développement possible ou très peu en France. Une chose est sûre : si la consommation seule n'est pas la garantie absolue d’un développement, son affaiblissement, en revanche, conduit irrémédiablement à une léthargie du pays.

En conclusion sur ces Rencontres Economiques, une initiative à poursuivre mais à améliorer en définissant clairement les attentes des participants, principalement nos acteurs économiques locaux.

Pascal Lévêque, Conseiller municipal

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pascal Lévêque 21/12/2009 09:23


A l'attention de Pauline,

Bonjour,

Sur la partie consommation de cet article, je voulais rappeler que pour être efficace un plan de relance doit marcher sur ses deux jambes, soutien à l'investissement notamment public via les
collectivités territoriales et sur la relance du pouvoir d'achat; aide par exemple de 500 € aux bénéficiaires de la PPE et des minimas sociaux, revalorisation de 3 % du  Smic.

Vous placez le débat sur le mode de consommation et vous avez raison, il faut revoir nos modes de consommation et de production et le fonctionnement des échanges mondiaux. L'énergie, les
transports, la construction, l'industrie doivent opérer leur mutation vers les technologies propres.
Ce sont les périodes "charnières" qui sont les plus difficiles. Décroissance ou croissance verte? Mieux consommer peut être? Peut on développer cette thématique auprès des pays du Sud?
Face à la planète et à l'échec du sommet de Copenhague, le défi est de concilier engagement environnemental et combat pour la justice sociale, car urgence écologique et urgence sociale sont
indissociables.
Bien à vous,
Pascal Lévêque


Pauline l'agoraphobe 19/12/2009 11:04


Je rebondis sur votre appel à stimuler la consommation.
La consommation c'est bien, mais est-ce vraiment une fin en soi ?

Plus de consommation, ce veut dire polluer plus, émettre plus de CO2, avoir plus de déchets. Est-ce qu'au contraire il ne faudrait pas produire mieux, plus solide, moins jetable.

Par ailleurs ces dernières années la croissance a augmenté les inégalités. Produire plus se traduit par plus de richesse pour ceux qui ont déjà du superflu, et rien de plus pour les autres.
A quoi ça sert de fabriquer un plus gros gâteau s'il est de plus en plus mal partagé ?

Je pense que les vrais combats de demain ne sont pas la recherche d'une croissance sans fin, idée illusoire sur une planète finie, mais au contraire une nouvelle conception de notre mode de vie :
plus durable, plus sobre, plus humain, plus solidaire.