Prostitution dans la forêt de Saint-Germain : l'esclavage continue

Publié le par Parti Socialiste de Saint-Germain-en-Laye

Le nombre de prostituées en forêt de Saint-Germain ne diminue pas, malgré un vaste réseau démantelé en 2003. Le Courrier des Yvelines y consacre cette semaine un dossier complet.
Le journal a interviewé à cette occasion Nicole Frydman, conseillère municipale (Verts) de Saint-Germain, membre du groupe d'opposition de gauche Saint-Germain Solidaire. Elle dénonce l'intolérable situation de ces femmes et de ces hommes victimes d'un véritable esclavage sexuel.

Le Courrier des Yvelines : Comment arrêter la prostitution en forêt de Saint-Germain-en-Laye?
Nicole Frydman : Ca ne sert à rien de les verbaliser, de les mettre en taule. Elles ne sont pas responsables. Tant qu'on ne fera pas le ménage parmi les souteneurs, elles seront toujours là. En 2003, la police avait démantelé un vaste réseau mais les choses ont repris leur cours. Quand une fille s'en va, une autre arrive. N'oublions pas également que la prostitution se développe en même temps que grandissent les difficultés économiques. Aujourd'hui, elles sont nombreuses dans la forêt.
LCY : Selon vous, y a-t-il autant de filles dans la forêt depuis sept ans? Doit-on l'accepter?
NF : La prostitution n'est pas que féminine. On a des jeunes hommes en difficultés qui travaillent près du Château du Val l'été. La grille Royale est un haut lieu de la prostitution masculine répertorié sur les sites gays. Combien sont-ils au total? Trente, quarante? Ce qui me gêne, c'est la détresse de ces gens qui travaillent pour trois fois rien et le fait même d'accepter cette situation intolérable.
LCY : Faut-il les retirer de la forêt par la force si nécessaire?
NF : Nettoyer la forêt n'est pas la solution. Certes on ne les verra plus mais il faudrait plutôt aider ces femmes et ces hommes à quitter d'eux-mêmes les lieux et qu'ils trouvent du travail. Ne faisons plus de concession à l'esclavage de ces femmes ! Je suis partisane que les élus - qui ne semblent pas s'en préoccuper - votent une loi-cadre pour aider les femmes victimes de violences en général et de l'élargir à la prostitution. L'exploitation de ces femmes est insupportable, les asservir avec 20 euros la passe c'est lamentable. Et que gagnent-elles au final ?
Propos recueillis par M.S.

Publié dans Nationale 184

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