Renault supprime 1000 postes au Technocentre de Guyancourt

Publié le par Parti Socialiste de Saint-Germain-en-Laye

Quelque 1.000 postes de prestataires de services d'ingénierie du Technocentre Renault de Guyancourt  ne seront pas renouvelés au 1er janvier 2009, selon des sources syndicales.

L'ensemble des contrats des prestataires de services d'ingénierie du Technocentre ne seront pas reconduits, selon la CGT qui chiffre à 1.000 le nombre de postes d'ingénieurs et techniciens concernés, confirmant une information publiée vendredi par Libération.
Dans un communiqué, la CFDT déplore «le renvoi brutal de 1.000 prestataires par Renault sur le seul site de Guyancourt» et estime «que les sociétés de conseil en technologie et en ingénierie doivent, comme les constructeurs et leurs sous-traitants, pouvoir bénéficier des aides de l'Etat».

Contactée par l'AFP, la direction a confirmé une politique «d'ajustement des effectifs». «Parallèlement au plan de départs volontaires, Renault agit sur ses contrats de prestation», explique la direction qui n'a pas chiffré le nombre de postes concernés.

Les principales sociétés de sous-traitance touchées sont Akka, Alten, Altran, Assystem, Bertrandt, Consort, Polymont, Idestyle, Ligeron, Matra Automobile, MSI, et Segula.

«C'est une décision brutale qui s'ajoute au plan de départs volontaires», a déclaré à l'AFP Pierre Nicolas de la CGT. «Il y a beaucoup de gens qui ont des postes clé, le fonctionnement de l'établissement va s'arrêter», s'est-il inquiété.

La CFDT appelle aussi le syndicat patronal Syntec, qui regroupe les sociétés spécialisées dans l'ingénierie, les services informatiques et le conseil, à «apporter aux entreprises et à leurs salariés les moyens de construire un nécessaire redéploiement des compétences».

Source : Le Parisien.fr

Publié dans Yvelines

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Thierry 22/12/2008 15:16

Cette vague de licenciement de 1000 ingénieurs chez Renault, est un signe inquiétant qui révèle l'ampleur des dégâts qui vont être provoqués par le patronat en 2009.
Touts les grands donneurs d'ordres (banques, assurances, automobile, aéronautique, bâtiment, etc...) ont recours à des experts fournis par ses sociétés de services en ingénierie. Cette main d'œuvre "externalisée", constitue une "variable d'ajustement" bien pratique quand la conjoncture est en baisse.
Cette astuce, qui est appelée "outsourcing" dans le jargon des "'managers", permet à ces grandes boites d'obtenir des coûts de fonctionnements bien plus faibles qu'avec des ingénieurs maison expérimentés (en CDI ou CDD), car les sous traitants en ingénierie sont  soumis à une pression inouïe sur le montant des honoraires d'experts qu'ils placent chez leurs "clients"; lesquels sont bien évidemment moins bien payés que les ingénieurs "maison" (y compris ceux qui ont le profil "senior").
Ne nous leurrons pas sur l'image de marque sociale que cherche à préserver le PDG de Renault. Quand bien même ce constructeur ne s'en charge pas directement (mais au travers de partenaires et de sous traitants), il faut le dire, Renault licencie ce qui constitue le cœur de son métier: la recherche et le développement.
A l'heure où l'industrie théorise et met en application le célèbre mot d'ordre de Serge Tchuruk (ex PDG d'ALCATEL) "l'entreprise sans usine", laissant la fabrication à des entités sous traitantes (délocalisables), le cynisme de ces patrons "transnationnaux" a de quoi susciter une colère amplement justifiée.
Avec ce triste épisode du technocentre de Renault (succédant au funeste "power 8" d'AIRBUS), on constate que même les domaines qui semblaient sanctuarisés comme la conception et la commercialisation de produits à haute technicité, ne sont désormais plus à l'abri de ce libéralisme débridé qui provoque des ravages sociaux irréparables.
Thierry.