Non à la privatisation de Gaz de France !

Publié le par Parti Socialiste de Saint-Germain-en-Laye



Le Parti socialiste s'oppose radicalement au projet de fusion de Gaz de France et de Suez, dont le seul but est la privatisation de Gaz de France. Ce projet purement dogmatique est NÉFASTE, DANGEREUX ET INUTILE.

Retrouvez ici le tract du Parti Socialiste.


Ci-dessous, l'avis de Jean-Louis LEVET, responsable national du PS aux politiques industrielles sur la fusion GDF/Suez et la politique énergétique du gouvernement :

Le gouvernement se donne l’été pour convaincre sa majorité, que pensez-vous de cette décision ?

Cette situation, ubuesque, émane de la politique globale du gouvernement. L’annonce d’une fusion entre GDF et Suez s’est faite à la va-vite en février pour répondre à une soi-disante « menace italienne ». Depuis, le gouvernement s’est englué dans cette affaire. Le gouvernement a voulu agir sans aucune concertation sociale alors que ce projet de fusion, et donc de privatisation de GDF, est en parfaite contradiction avec les promesses anciennes de ce même gouvernement. En effet, il était inscrit dans la loi du 9 août 2004, soutenue par Nicolas Sarkozy, alors ministre des finances que la part de l’Etat dans le capital de GDF ne descendrait pas au-dessous des 70%. Le gouvernement reporte ce dossier de mois en mois car il est dans une situation difficile, après le CPE et Clearstream et à un an de la présidentielle.

A un an de la présidentielle, mais aussi à un an de la mise en vigueur des directives européennes en matière d’énergie. Le gouvernement dit vouloir appliquer ces directives à la lettre mais avec cette fusion, en prend-t-il le chemin ?

Les directives européennes sont l’aboutissement de décisions prises il y a de nombreuses années. Pas de surprise dans le calendrier bruxellois, donc. Là où le gouvernement dérape, c’est que cet effet d’annonce est une absence de cohérence gouvernementale. Villepin veut initier un « patriotisme économique » à l’été 2005 sur le dossier Danone et quelques mois après, il engage la privatisation de GDF, un acteur clef de l’économie énergétique française.
Les directives européennes qui, progressivement, libéralisent le secteur énergétique n’empêchent en aucune façon que l’Etat soit actionnaire d’entreprises. L’actionnaire public n’est pas non plus condamné à n’être que minoritaire.
Actuellement, nous n’avons pas, à l’échelle européenne, de politique énergétique. Nous en sommes à l’harmonisation de la libéralisation de ce secteur. On se rend compte, qu’aujourd’hui, les enjeux sont stratégiques pour l’Europe, puisque l’énergie est un outil géostratégique de puissance. Dans les grandes infrastructures de réseaux que sont l’énergie, ou par exemple les transports, qui sont des biens publics, il faut des champions européens et non une pratique économique fondée sur des cocoricos dépassés.

Le gouvernement a tenté de persuader sa majorité mais aussi l’opinion publique des bienfaits de ce plan en se plaçant comme le protecteur des consommateurs contre la flambée des prix du gaz. Qu’en pensez-vous ?

Les méfaits de la privatisation dans le secteur énergétique aboutissent non seulement à une hausse des prix mais aussi à la recherche d’intérêt à court terme. C’est ce qu’on constate en tirant les enseignements de pays comme les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne. Ce type de processus entraîne aussi un manque d’investissement à long terme.
Le gouvernement ne pourra pas assurer une stabilisation des prix. En effet, si l’Etat n’est pas actionnaire, comment peut-il jouer sur les prix ? Ceux-ci varient très vite et donc, dans un processus de privatisation, il est encore plus difficile de négocier les hausses des tarifs. Enfin, ce secteur demande des investissements à long, voire très long terme. Les entreprises privées ne peuvent pas investir sans un retour rapide de leur investissement. Il est donc nécessaire de maintenir l’énergie dans le secteur public.

Propos recueillis par Ariane Vincent

Publié dans Politique nationale

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Thomas 01/09/2006 23:32

Bonjour,

honnêtement, je ne suis pas sûr que Villepin aille jusqu'au bout.

honnêtement, après le revers du CPE, l'opposition frontale de l'Assemblée Nationale, il faudrait être fou pour mettre en place cette fusion avant une élection présidentielle !

N'hésitez pas à venir débattre sur mon site : http://2008.hautetfort.com

A bientôt,

Thomas