Dans un revirement dont il a le secret, le gouvernement vient de remettre en cause la réalisation du tramway sur pneus Châtillon-Viroflay, un tramway très attendu par les habitants du sud des Hauts-de-Seine et des communes yvelinoises de Viroflay et Vélizy. Il refuse en effet de payer le montant pour lequel il s'était engagé, soit 21% du coût total, alors que tous les partenaires, de gauche comme de droite (Région, conseils généraux des Hauts-de-Seine et des Yvelines, STIF et RATP), sont prêts à financer leur part et à lancer l'opération.Cette décision est d'autant plus incompréhensible que la déclaration d'utilité publique a été signée par le préfet le 9 février 2006 et que les travaux devaient commencer fin 2006.
Cette ligne, dont on peut découvrir le tracé ci-dessous, est indispensable pour assurer le développement économique d'une zone en plein essor où manquent cruellement les transports en commun.
Face à cette remise en cause de la participation de l'Etat, les élus socialistes des Hauts-de-Seine et des Yvelines ont fortement réagi en interpellant le Ministre des Transports Dominique Perben. Rappelons que ce tramway est inscrit au contrat de plan Etat-région 2000-2006. Or le Ministre, répondant à une demande du maire PS de Clamart Philippe Kaltenbach (très mobilisé sur le sujet) indique que ce projet doit être examiné dans « le contrat de projets 2007-2013 » et « qu'au stade actuel de la négociation, aucun projet n'est exclu, et qu'il convient que des priorités communes soient définies entre l'Etat et les collectivités locales ».
Le tramway Châtillon - Viroflay n'apparaît donc plus aux yeux du gouvernement comme un acquis du Contrat de Plan 2000 - 2006. Il se trouve donc bel et bien menacé et remis sur la sellette pour le prochain Contrat.
La Droite tente, comme souvent, de faire porter le chapeau à la Région. La réaction du président PS de la région Jean-Paul Huchon a été très claire dans Le Parisien du 22 septembre : « Nous ne pouvons plus attendre. Je veux que ces projets commencent dès 2007. [...] Si au final, l'Etat ne paie pas sa part, nous prendrons nos responsabilités. Je demanderai au Conseil régional de prendre la différence à sa charge. »
Situation totalement ubuesque, le président UMP du conseil général des Hauts-de-Seine, qui se trouve être aussi le Ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, a écrit à son collègue Ministre des Transports le 8 août 2006 pour lui « exprimer [sa] stupéfaction [sic] » face à une telle décision. Nicolas Sarkozy précise très clairement à Dominique Perben que « votre position ne peut être interprétée que comme un désengagement de l'Etat au moment même où les Conseils généraux et le Conseil régional d'Ile-de-France font un effort financier exceptionnel pour prendre en charge les compléments de financement indispensables pour assurer le bouclage des plans de financement. »
Face à cette remise en cause du gouvernement, la mobilisation s'organise. Un site web, fort bien fait, a été créé. Une pétition est à télécharger et à renvoyer au ministre ou à signer en ligne.
Pour découvrir le projet en détail, visitez ce site de la RATP.
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