Le nouveau secrétaire général de l'ONU trébuche d'entrée

Publié le par Parti Socialiste de Saint-Germain-en-Laye

Ban Ki-moon, le nouveau secrétaire général de l'ONU, a clairement raté son entrée en scène sur la sphère internationale en tenant des propos très ambigüs sur l'exécution de Saddam Hussein et en contradiction totale avec l'opposition résolue de l'ONU à la peine de mort . Plus de détails dans cet article du Figaro du 4 janvier.

Interrogé par des journalistes lors de sa première journée de travail au siège de New York, M. Ban n'a pas condamné la pendaison de l'ex-dictateur irakien alors que l'ONU est traditionnellement opposée à la peine capitale. Questionné sur le sujet, Ban Ki-moon s'est contenté de rappeler que Saddam Hussein avait commis « des crimes odieux et des atrocités innommables contre le peuple irakien », invitant à « ne pas oublier ses victimes ». Il a aussi estimé que la question de la peine de mort était du ressort des États membres avant d'exprimer le souhait que ceux-ci respectent « tous les aspects du droit international ».

Samedi dernier, quelques heures après la mort de Saddam Hussein, le représentant spécial de l'ONU en Irak avait été, pour sa part, tout à fait explicite. Rappelant la ligne habituellement suivie par les Nations unies, le Pakistanais Ashraf Qazi avait souligné dans un communiqué que celles-ci « sont hostiles à l'impunité et comprennent le désir de justice ressenti par de nombreux Irakiens ». Mais il ajoutait aussitôt que « les Nations unies demeurent opposées la peine capitale, même en cas de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de crimes de génocide » . Une position maintes fois exprimée à l'ONU, notamment par la France qui a rappelé, hier, qu'elle continuerait à oeuvrer pour « l'abolition universelle de la peine de mort ».
Prise de distance délibérée ou simple maladresse ? Les hypothèses allaient bon train hier concernant les propos de M. Ban. Pressée de questions, sa nouvelle porte-parole, Michèle Montas s'est efforcée de désamorcer toute controverse en assurant que « la position de l'ONU demeure, elle n'est pas en faveur de peine capitale ».
Mais à l'ONU, certains se demandent si le nouveau « SG » n'a pas péché par excès de zèle à l'égard de certains poids lourds du Conseil de sécurité. Issu lui-même d'un pays, la Corée du Sud, reconnaissant toujours la peine de mort, M. Ban sait aussi qu'il devra largement compter sur les États-Unis et la Chine qui appliquent tous deux le châtiment suprême.
« Tout cela ne se serait pas produit avec Kofi Annan, qui aurait immédiatement eu les mots justes », estime un fonctionnaire onusien, en se demandant si « souligner d'emblée qu'il revient à chaque État de se prononcer sur la peine de mort n'augure pas mal de la capacité du nouveau secrétaire général à imposer des réformes » . Selon ce diplomate, de telles déclarations « risquent aussi d'aller à l'encontre du principe de l'obligation de protéger, y compris contre la volonté des États », proclamé par le prédécesseur de M. Ban.

Le Figaro  4 janvier 2007

Espérons que le nouveau secrétaire général de l'ONU saura vite redresser la barre car le monde a besoin d'une ONU forte et ferme sur ses principes...

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