Traitement des ordures ménagères dans notre région : fiascos en série (1ere partie)

Publié le par Parti Socialiste de Saint-Germain-en-Laye


La ville de Saint-Germain fait traiter ses ordures ménagères par le Syndicat Intercommunal pour la Destruction des Résidus Urbains (SIDRU). Ce syndicat regroupe 15 communes réparties à l'ouest et au nord de Saint-Germain, dont Poissy et Conflans (voir la carte ci-contre). Il est actuellement présidé le maire de Saint-Germain, M. Lamy.
Plusieurs erreurs de gestion faites ces dernières années vont peser sur les taxes locales. Plutôt que de reconnaître ces erreurs et d'en tirer les conséquences, les gestionnaires du SIDRU ont conclu des opérations spéculatives très risquées. Ces opérations risquent de faire perdre plusieurs millions d'euros au SIDRU dans les prochaines années, que les citoyens devront bien payer un jour.
 
 

Examinons tout d'abord l'usine du SIDRU, nommée Azalys, située à Carrières-sous-Poissy et exploitée par Novergie (groupe Suez). Cette usine est en service depuis 1998.

 

Un petit syndicat qui gère une usine mal conçue

 

Tout a commencé en 1990 quand la commune de Triel-sur-Seine a décidé de fermer sa décharge à ciel ouvert où trente communes dont Saint-Germain venaient déposer leurs ordures. Le syndicat intercommunal d'alors s'est divisé. Une partie des communes a opté pour la construction d'une usine de traitement au compost (le Sivatru), une autre partie (15 communes dont Saint-Germain) pour la construction d'une usine d'incinération. Lors de cette conception, les décideurs de l'époque (sous la présidence de M. Péricard) n'ont pas anticipé l'impact du tri sélectif. Résultat : l'usine Azalys est surdimensionnée, avec une capacité de 115 000 tonnes/an pour un besoin de 65 000 tonnes/an. La capacité disponible est utilisée par d'autres syndicats et par Novergie, mais à un coût à la tonne réduit. De plus cette usine utilise un procédé atypique de nettoyage des rejets d'un coût initial important et qui consomme des catalyseurs coûteux.

 

Résultats : la dette est élevée et le coût de traitement à la tonne supérieur aux syndicats voisins. Ainsi le coût à la tonne était de 80,23 euros HT au SIDRU en 2005. Les deux grands syndicats des Yvelines ont des coûts inférieurs : 53,55 euros/tonne au SIDOMPE (106 collectivités, autour de Plaisir) et 59,19 euros/tonne au SYCTOM (85 collectivités, y compris Paris, sa proche banlieue et Versailles). Quant à la dette du  SIDRU, elle se monte à 228,54 euros/habitant au SIDRU (1/3 de dette directe + 2/3 de crédit bail), contre 104 euros/hab. au SYCTOM et seulement 15 euros/hab. au SIDOMPE.

 

Avec une dette importante et des coûts de fonctionnement élevés, le SIDRU n'est pas une solution attractive pour les communes limitrophes. D'où le besoin de pratiquer des prix réduits pour faire tourner les plus de 40 % de la capacité de l'usine qui ne sont pas utilisés par les communes du SIDRU. Ce surcoût est payé par les 200 000 habitants des 15 communes du SIDRU.

 

Les syndicats voisins ont également une quantité d'ordures à incinérer qui décroît depuis 2000, essentiellement grâce à l'extension du tri sélectif. La taille du SIDRU est certainement une partie du problème. En effet, le SIDOMPE traite les ordures de 456 000 habitants et le SYCTOM 5,3 millions d'habitants. Seuls le SITRU (boucle de la Seine) et la CAMY (Mantes) ont une taille similaire au SIDRU. Ces petits syndicats ne gèrent qu'une seule usine et ont donc plus de difficultés pour s'adapter aux évolutions de la demande.

 
Un sinistre en 2005
 
 
 

Le 23 octobre 2005, le « turbo alternateur a été détruit après que les enroulements de cuivre aient quitté leur logement ». Ce turbo alternateur produit de l'électricité avec la chaleur dégagée par l'incinération des déchets. Ce sinistre est la cause principale de la dégradation des comptes de l'opérateur, de 1,3 M d'euros rapport à 2004. Ce sinistre a été suffisamment grave pour que la production d'électricité soit arrêtée pendant dix mois !
Par ailleurs, la fiche technique du site mentionne une capacité de production d'électricité de 50 000 MWh/an. Pourtant la production 2005, à 31 608 MWh, est inférieure de presque 40 % par rapport à la capacité nominale, ce que le sinistre du 23 octobre ne suffit pas à expliquer. Ce manque à gagner représente en recettes environ 1 M d'euros par an.
Autre comparaison : le SYCTOM produit 1,2 MWh d'énergie (vapeur + électricité) par tonne de déchet incinéré, le SIDOMPE 0,48 MWh, contre seulement 0,27 MWh / tonne pour le SIDRU.
Enfin, on peut se demander si ce sinistre était vraiment "aléatoire", ou s'il ne résulte pas d'un entretien déficient.

Voici pour l'historique et la présentation du SIDRU, nous évoquerons dans le prochain article le vrai problème de ce dossier, une gestion de la dette particulièrement hasardeuse...

A visiter :
le site de l'usine d'incinération Azalys
L'enquête sur Azalys de l'association Vivre sa ville (Poissy)

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