Drame de la fête des Loges : la sécurité des manèges en question

Publié le par Parti Socialiste de Saint-Germain-en-Laye

A la suite du dramatique accident survenu samedi 4 août à la Fête des Loges, qui a causé la mort de deux membres de la même famille, de nombreuses questions se posent désormais quant à la sécurité de ces manèges.

Dans l'Humanité du 6 août, le délégué général de la Fédération nationale des victimes d'accidents collectifs (FENVAC), Jean-Jacques Mengelle-Touya déplore le manque de sécurité.

Quelle est la réglementation concernant la sécurité autour de ces manèges ?
Jean-Jacques Mengelle-Touya. La réglementation est quasi inexistante en ce qui concerne les attractions des parcs de loisirs. Seul un article du code de la consommation (article L.221-1) permet de poursuivre les responsables des établissements ouverts au public. Une réglementation européenne (la norme EN 13814) existe, mais des problèmes de contrôle font que l'administration n'est probablement pas en mesure de l'appliquer en France. La commission de la sécurité des consommateurs (CSC) a également émis un avis suite à la série d'accidents survenus ces dernières années. Mais cet avis n'a pas force de loi.


L'accident de manège à Tournehem-sur-la-Hem (Pas-de-Calais) a fait deux blessés graves en avril dernier. Comment s'était passé le contrôle de sécurité ?
Jean-Jacques Mengelle-Touya. Une mairie, pour autoriser l'installation d'un manège, doit demander, d'une part, une attestation de conformité délivrée par de pseudo-experts, et, d'autre part, un certificat d'assurance. Pour Tournehem, un de ces « certificateurs » a donné son aval sans avoir vu l'attraction montée ! Par la suite, l'expertise a montré que le manège avait trente ans d'âge, il était atteint de corrosion à un niveau inimaginable, sans notice de montage. Le responsable à la mairie de Saint-Germain-en-Laye dit que l'installation du manège avait été bien suivie. Seule l'expertise dira la vérité.


Comment qualifieriez-vous l'attitude des mairies et des forains face aux problèmes de sécurité ?
Jean-Jacques Mengelle-Touya. Dans le cas d'une grande ville comme Saint-Germain-en-Laye, passe-t-on le temps nécessaire pour regarder avec la précision voulue l'état des machines ? S'interroge-t-on sur la capacité de résistance d'un nouveau manège ? À Tournehem, une dame de 120 kilos a été grièvement blessée. N'était-il pas possible de se demander avant si la nacelle pouvait supporter ce poids ? Les forains eux-mêmes le savaient-ils ? La fatalité n'existe pas quand il s'agit d'accidents collectifs. Mais les mairies font-elles les efforts nécessaires quand il s'agit d'organiser les fêtes ? Je crois qu'il y a un vrai problème de négligence et d'incompétence.

Entretien réalisé par Antoine Aubert (L'Humanité du 6 août 2007)


On peut effectivement s'interroger sur les raisons pour lesquelles ce type de manège n'est contrôlé que tous les 3 ans et pas chaque année par exemple. La règlementation date de 1983 alors que les manèges deviennent chaque année plus rapides, plus spectaculaires, plus sophistiqués et ont considérablement évolué depuis cette date. Les propriétaires des manèges ont-ils les compétences nécessaires pour contrôler la sécurité des appareils?

Par ailleurs, était-il indispensable de rouvrir la Fête des Loges dès dimanche après-midi ? La pression des forains a certainement été très forte mais une fermeture d'une journée n'aurait pourtant pas été indécente...

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PS Saint-Germain 08/08/2007 09:33

Une information judiciaire a été ouverte, mardi 7 août, pour "homicide involontaire" . Cette information, confiée au doyen des juges d'instruction de Versailles, a été ouverte après que l'enquête a conclu à "un défaut de fabrication et de conception" du manège qui s'est écrasé, de type Booster. "Une insuffisance dans le bras cassé a été décelée", a-t-on appris de source proche du dossier, alors que le parquet de Paris imputait ce défaut de fabrication au "sous-traitant à qui l'exécution avait été confiée", qui "n'aurait pas respecté les prescriptions du cahier des charges de l'entreprise donneur d'ordre". En conséquence, tous les Boosters installés en France devront être soit "réparés" soit "changés" à cause de "la fatigue constatée sur les métaux", ce qui suppose leur arrêt momentané.












 L'enquête a par ailleurs révélé que les contrôles effectués étaient insuffisants puisqu'ils ne mettaient pas en évidence la résistance ou l'usure des métaux qui composent l'attraction.
Source : Le Monde