Chauffage urbain de Saint-Germain-en-Laye : des interrogations sur le bois venant de la forêt

Publié le par Parti Socialiste de Saint-Germain-en-Laye

h__tel_ville_entr__e_int__rieure-_r__duit.jpgLe conseil municipal de Saint-Germain-en-Laye a, dans sa séance du 7 juin, décidé de changer de délégataire pour assurer le service de chauffage urbain sur plusieurs quartiers de la ville dont le Bel-Air. Assuré jusque-là par la SOCCRAM, le contrat a été attribué à Dalkia pour 20 ans.

Le réseau qui dessert actuellement le quartier du Bel‐Air, va être étendu au lycée international, au Village d’Hennemont et au futur quartier de la lisière Péreire.

L'un des facteurs qui a entrainé ce changement de prestataire est l'aspect environnemental puisqu'il est prévu que Dalkia assure une part de sa production de chauffage grâce à une chaufferie au bois, dont une partie du bois (33% selon le délégataire) proviendra de la forêt de Saint-Germain. Une baisse de 30% du prix est également annoncée.

Favorable au projet, nous avons toutefois de vraies interrogations sur la capacité de la forêt de Saint-Germain-en-Laye à assurer cet approvisionnement en bois.

Emmanuel Fruchard, conseiller municipal PS, est intervenu en ce sens lors du conseil, après avoir contacté l'ONF, ce que n'a pas fait la municipalité. Voici le texte de son intervention (voir également en dessous la vidéo de l'intervention en vidéo et la réponse de l'adjoint au maire et du maire)


Le choix de Dalkia et la rédaction de ce contrat nous paraissent aller dans le sens de l’analyse des offres faite en commission. L’offre de Dalkia se distinguait déjà favorablement par un respect global du cahier des charges, par des prix compétitifs et surtout par l’indexation des prix facturés aux clients sur des références de la profession, et non sur les prix d’achat de l’énergie par le délégataire.

J’ai cela dit des réserves sur l’article 16, en ce qui concerne la provenance locale de 42% du bois, dont 33% de la forêt de Saint-Germain. Nous partageons bien entendu le souhait de mettre en place un cycle court. Au-delà du critère environnemental, d’un point du vue logistique, un apport garanti et proche est un aspect important pour la sécurité de l’approvisionnement. Il faut savoir cependant que le potentiel de production de la forêt de Saint-Germain toute entière est inférieur à la consommation de cette chaufferie. De plus les essences de notre forêt se prêtent mieux au bois de chauffage qu’au bois-énergie. Donc la part de la forêt de Saint-Germain devrait être très inférieure à 33%. Je suis surpris que la mairie n’ait pas contacté le responsable en charge de ce dossier à l’ONF, pour avoir des informations sur le potentiel des forêts environnantes. J’observe qu’on a plus étudié les avantages fiscaux que la réalité du projet environnemental.

En tout état de cause aucun engagement n’a été pris par l’ONF en la matière.  

De plus la rédaction de cet article est étrange : quelle est cette notion de « territoire de Saint-Germain-en-Laye », le rayon de 6 km mentionné est vague : doit-il se comprendre autour de la chaufferie, et dans ce cas le nord de la forêt en serait exclu, à partir des limites communales ou pourquoi pas d’une future intercommunalité ?

Il faut s’attendre à des conflits avec le délégataire sur ces modalités, et une rédaction précise est requise pour faire jouer l’article 77, c’est-à-dire une pénalité forfaitaire de 45 000 €, qui n’est pas dissuasive.

Personnellement, plutôt d’un fonctionnement, binaire, j’aurais préféré une incitation graduelle en faveur d’un approvisionnement local, de manière à ce que le délégataire ait intérêt à faire venir 10% du bois de notre commune, si c’est le potentiel qu’on peut y trouver.

Sinon, je crains que tout le monde ne se satisfasse d’une pénalité payée tous les ans et d’un approvisionnement en provenance du centre de la France, où se trouvent des disponibilités en bois-énergie.


L'adjoint chargé du dossier, Gilbert Audurier, a répondu que Dalkia a "une excellente réputation" et qu'il n'a "aucune raison de penser qu'ils prennent des engagements qu'ils ne pourront pas tenir" et leur "fait confiance".

Cette confiance aveugle en un délégataire, sans volonté de contrôle, ne nous satisfait pas et nous serons particulièrement attentif au suivi de ce dossier.

Publié dans Conseil municipal

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