Jeunes : travaillez plus pour gagner moins, à Saint-Germain aussi !

Publié le par Parti Socialiste de Saint-Germain-en-Laye

Les faits : les travailleurs précaires de la ville perdent du pouvoir d’achat

Au conseil municipal du 7 avril 2011, la majorité municipale UMP a proposé une délibération qui augmente de 6,2% les rémunérations des intermittent(e)s qui travaillent par vacations de 4 heures pour la ville.

6,2%, ça peut paraître une belle augmentation, mais la réalité est toute autre.

Ces rémunérations n’ont pas été revues depuis 2005, il y a 6 ans. Depuis cette date l’inflation et les minima sociaux ont connu des augmentations bien supérieures à 6,2% (Inflation : +10,0% ; SMIC : +12,1% ; Minimum vieillesse : +23,8%).

Donc clairement, avec 6,2%, la majorité municipale, à qui nous avions signalé cette comparaison dix jours avant le conseil, a choisi de faire perdre du pouvoir d’achat aux intermittents.

Pourtant ces emplois cumulent tous les désagréments possibles (temps partiel subi, précarité, travail le dimanche (pour certains créneaux), travail de nuit (pour certains créneaux).

Certes, la nouvelle grille conserve une rémunération supérieure pour les créneaux horaires de nuit ou le dimanche, mais ces tarifs ont augmenté de 6,2% en six ans également.

Dans la même délibération, une augmentation concerne les pigistes : là nous n’avons pas été en mesure de faire de comparaison, puisqu’on n’a pas pu nous communiquer la date de dernière actualisation de ces tarifs. En tout cas les tarifs en vigueur jusqu’à présent étaient encore exprimés en francs ! Chacun peut mesurer là aussi l’érosion du pouvoir d’achat que cette longue stagnation signifie.

Le contexte : un déclassement des étudiants et des jeunes les moins diplômés

La municipalité se justifie en disant que c’est le prix pratiqué par d’autres villes. Le libre jeu de la loi de l’offre et de la demande a fait baisser le pouvoir d’achat de ces emplois. Pour le maire et son équipe, c’est comme ça et tant mieux pour la ville.

Ce type d’emploi, occupé le plus souvent par des jeunes non encore insérés dans la vie active et sujets à des taux de chômage plus élevés que le reste de la société, est en effet l’objet d’une paupérisation progressive.

Parmi les personnes embauchées comme intermittents on trouve des profils très différents par leur âge et leur situation sociale. Pour certains, il s’agit d’un revenu d’appoint, non essentiel pour eux, par exemple dans le cas d’étudiants bien soutenus par leurs parents. Mais n’oublions pas que la plupart des étudiants travaillent par besoin, pas comme un passe-temps. L’activité professionnelle est la première source de revenu des étudiants (42% selon un rapport du Conseil Economique & Social) devant l’aide fournie par les parents, qui représente en moyenne 33% de leurs ressources, le quart restant étant constitué de bourses.

Or, plus les étudiants passent de temps à gagner leur vie, plus leur taux de réussite scolaire baisse.

Un gain de seulement 1000 euros par an pour la ville !

Pour nous, cette surenchère à la baisse n’est pas souhaitable.

Accompagner, on peut même dire profiter de ce mouvement d’érosion du pouvoir d’achat pour faire faire des économies à la ville est un choix de principe plus qu’une réelle source d’économie, puisque sur 24 500 euros de budget pour les intermittents, la différence entre suivre l’inflation (+10%) ou suivre le marché comme le propose le maire et son équipe (+6,2%) a un impact budgétaire de l’ordre de seulement 1000 euros par an. Nous pensons qu’il ne faut pas alimenter cette spirale qui fragilise une tranche de population qui vit d’un faible revenu et dans la précarité.

C’est une tendance longue, mais accentuée ces dix dernières années : on assiste à une évolution de la société qui fait que les actifs, et singulièrement les jeunes, se voient attribuer une part des revenus qui décroit, tandis que ceux qui vivent des revenus du capital et de leurs rentes voit leur part du gâteau augmenter.

Traiter toutes les classes d’âge avec équité

Le gouvernement actuel a pu trouver les moyens financiers pour revaloriser le minimum vieillesse de manière importante. Depuis 2005 la mensualité d’une personne seule est passée de 600 à 742 €. Cela reste bien peu pour vivre seul(e), en particulier en région parisienne.

Mais dans le même temps les revenus des étudiants et des salariés ont stagné. Selon l’INSEE, 6 millions de salariés, soit 25% du total, gagnent moins de 750 € par mois. Parmi eux les salariés de stages de plus de deux mois gagnent 417 € par mois (+0% en 2011 !).

Cette évolution est curieusement corrélée aux deux groupes sociaux qui soutiennent l’UMP au niveau national : les personnes les plus aisées et les plus âgées. En effet, rappelons que le Président de la République a été élu par les plus de 60 ans, qui ont voté à 65% pour lui, alors qu’il était minoritaire parmi ceux qui étudient ou travaillent (sondage Ipsos). Or qu’observe-t-on : depuis qu’il est élu les hauts revenus ont vu les niches fiscales se multiplier à leur profit, et parmi les revenus les plus faibles, les augmentations de minima sociaux sont systématiquement plus fortes pour les personnes âgées que pour les jeunes. Rien que cette année, +4,7% annoncés récemment par Xavier Bertrand. Les stagiaires, smicards et également une large majorité des fonctionnaires auraient bien aimé voir leur revenu suivre la même évolution.

Nous soutenons bien évidemment la revalorisation du minimum vieillesse, mais il faut que les autres minima sociaux suivent également.

Choix clivant au conseil municipal

Cette délibération a minima contribue, à la modeste échelle de notre ville, à cette dérive. Les élu(e)s de gauche au conseil municipal ont voté contre cette délibération et expriment ainsi leur volonté de défendre le pouvoir d’achat des plus faibles, quel que soit leur âge. 

Publié dans Conseil municipal

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