Les chroniques de l'été (6) : Pouvoir partir en vacances n'est pas donné à tout le monde

Publié le par Parti Socialiste de Saint-Germain-en-Laye

secourspopulaire-copie-2Les départs en vacances sont très fortement conditionnés par le niveau de vie. Alors que l’accès aux vacances s’était régulièrement démocratisé au cours du siècle dernier, la tendance s’est grippée. Un rapport du Credoc (*) rappelle que depuis une dizaine d’années, les publics les plus fragiles (les familles monoparentales, les chômeurs, les retraités modestes, les précaires) partent même un peu moins chaque année. La crise économique a encore aggravé les disparités.

Le Credoc montre ainsi que les 10% les plus pauvres ont vu leur taux de départ chuter de 6 points au cours de l’année 2009, pour s’établir à 38% seulement, contre 82% pour les catégories aisées. En résumé 1 enfant sur 3 et 1 adulte sur 2 ne partent pas en vacances.

40.000 enfants à Paris ce 19 Août

Cette année encore, le Secours Populaire tentera à son échelle de lutter contre cette injustice. L’Association organise le 19 août prochain une grande journée de fête et de solidarité destinée à près de 40.000 enfants oubliés des vacances. Elle se tiendra au Champs de Mars à Paris.

Le Secours Populaire recherche en Ile-de-France des bénévoles pour l’encadrement de cette formidable opération. Notamment :

Des bons connaisseurs du métro parisien pour piloter les groupes d’enfants de la province et leurs accompagnateurs dans tous leurs déplacements et vivre cette journée avec eux.

Des animateurs sportifs pour encadrer des activités au Stade de France

Des artistes de rues, jongleurs, magiciens, acrobates, clowns qui pourront se joindre aux 400 artistes déjà présents

Des bénévoles pour contribuer à la surveillance du matériel au Champs de Mars

 

Pour tous renseignements sur cette journée : www.secourspopulaire.fr

(*) Le rapport complet sur les pratiques des vacances sur : www.credoc.fr/pdf/Rapp/R262.pdf

Publié dans Politique nationale

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Le webmestre 02/09/2010 14:32



Sur le même thème, les pistes de réflexion de Laurianne Deniaud, présidente du Mouvement des Jeunes Socialistes, sur Médiapart :


http://www.mediapart.fr/club/edition/les-invites-de-mediapart/article/020910/pour-un-droit-aux-vacances-pour-tous



Laurianne Deniaud, présidente du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) évoque les pistes que pourraient suivre la puissance
publique pour permettre «le droit pour chacun de s'émanciper et même de s'évader de son travail».


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«Et toi, tu es parti où en vacances?» Cette question peut sembler banale, mais elle ne l'est pas pour près d'un tiers des Français et plus de 3 millions d'enfants. Elle est une même
souffrance pour ces enfants qui devront répondre à leurs copains «Moi? Je ne suis pas parti».

Depuis 1936, avec la semaine de 40 heures et les congés payés notamment, il ne devrait plus s'agir d'une simple possibilité, mais bien d'un droit. Le droit pour chacun de s'émanciper et même de
s'évader de son travail. Le droit pour chaque famille de se construire en dehors de la routine quotidienne.

Hausse des prix des transports, baisse du pouvoir d'achat... Les raisons de la déliquescence de ce droit sont nombreuses et touchent particulièrement les classes populaires, celles qui ne
bénéficient ni d'aides publiques, ni d'un comité d'entreprise leur permettant d'accéder aux vacances. Il est donc largement temps que la gauche se préoccupe à nouveau de tous les «sans
vacances», de toutes ces familles modestes qui ne peuvent pas découvrir, ne serait-ce que quelques jours, autre chose que leur quartier, de tous ces enfants qui auront pour seul panorama cet
été leurs barres HLM.

Les idées ne manquent pourtant pas, tout comme le volontarisme dont font souvent preuve les associations, notamment celles de l'éducation populaire. En juin 2009, le député socialiste Régis
Juanico a présenté un amendement visant à créer une aide de 200 euros pour les enfants de 4 à 17 ans qui ne peuvent pas partir. Le coût d'une telle mesure (600 000 millions d'euros) n'en serait
pas un puisqu'il participerait directement à aider l'industrie du tourisme qui souffre terriblement de la crise. Le système des chèques vacances pourrait aussi être étendu à tous les salariés.
Ces chèques pourraient être accompagnés d'un «billet SNCF de congé annuel» et de tarifs plus adaptés et abordables.

Enfin, l'Etat néglige depuis trop longtemps les lieux de vacances et les aides aux associations qui accueillent chaque année des milliers de jeunes. Il faut qu'il s'implique davantage, en
aidant par exemple les communes à maintenir un camping municipal de qualité plutôt qu'à en réserver les terrains à la spéculation, en soutenant la réalisation de nouveaux villages vacances pour
les familles ou en valorisant les camps de vacances pour les enfants et les jeunes.

Nous voulons relancer le débat et la réflexion pour refaire de ce droit une priorité. Ce n'est pas parce que « c'est la crise » que les jeunes socialistes ne s'engagerons pas pour rappeler que,
quelques soient les difficultés économiques, on ne peut construire une société qu'avec des citoyens libres et émancipés. Et pour cela, les découvertes, le repos et la liberté, qu'offrent les
vacances, en particulier pour les plus jeunes, sont irremplaçables.