Lycée Jeanne d'Albret : conséquences locales de la politique gouvernementale

Publié le par Parti Socialiste de Saint-Germain-en-Laye

jeanne albretLe Journal de Saint-Germain consacrait début avril (n°565, page 4) une page au lycée Jeanne d'Albret. Un seul thème était abordé : la création d'un « internat d'excellence » à Marly-le-Roi, et donc d'une nouvelle classe de seconde au lycée.

Encore une fois, le Journal de Saint-Germain n'est vraiment pas curieux, ou plus exactement très sélectif : aucune information sur le mouvement de protestation sans précédent qui agite le corps enseignant depuis plusieurs semaines.

Début avril 2010, les professeurs ont distribué une lettre aux parents d’élèves pour expliquer leur opposition à cette réforme (téléchargez cette lettre, pdf, 16ko). Afin de protester contre la réforme, une partie des professeurs a envoyé les notes du Bac blanc au ministère au lieu de les saisir dans le système informatique et a assisté aux conseils de classe de Première en restant silencieux.

Quant au Conseil d'Administration du lycée, il est en situation de blocage depuis plusieurs semaines. 

L’exemple de ce lycée n’est pas isolé : un peu partout en France les enseignants sont nombreux à dénoncer des réformes mal pensées qui dégradent le niveau d’enseignement dispensés aux jeunes. Et à réagir pour la défense d’un enseignement public de qualité.

Dernier exemple en date ces dernières heures. On apprend que les élèves de seconde pourraient être privés de manuels d'histoire-géographie à la rentrée car les nouveaux programmes ont seulement été validés la semaine dernière par le Ministère et les nouveaux manuels ne seraient pas prêts à la rentrée ! (Source RTL via Le Parisien).

Tout se passe comme si la Droite ne cherchait en fait qu’à réduire le budget de l’éducation et s’accommodait d’un enseignement à deux vitesses : au privé les élèves aisés sélectionnés selon des critères opaques, au public la contrainte de recevoir ceux qui restent, avec des moyens réduits.

Qui a dit que tout allait bien à Jeanne d'Albret ?

   

Références :

JSG n° 565

Nos précédents articles concernant le lycée Jeanne d'Albret :

La desserte en vélo des lycées saint-germanois (août 2009)

Manifestation des lycéens (janvier 2009) 

Tribune libre en mai 2008 : l'inquiétude justifiée des lycéens

Mobilisation contre les suppressions de poste (avril 2008)

Plan de rigueur à l'Education nationale : les conséquences au Lycée Jeanne d'Albret (avril 2008) 

Une interpellation mouvementé (septembre 2007)

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Poirson Alain, professeur de philosophie au lycée d'état Jeanne d'Albret 19/05/2010 15:40



L'ignorance de l'histoire et une forme d'individualisme expliquent sans doute l'usage immodéré du terme "otage", car si on veut un peu sortir d'une analyse à court terme, je constate que
le travail fait ne pénalise nullement les élèves : les copies ont été corrigées, les conseils  de classe muets (uniquement en seconde) ont été très sérieusement préparés, et les élèves
conseillés dans leurs choix d'orientation. La grève des notes du bac blanc s'achève cette semaine. Et nous travaillons d'arrache-pied afin de boucler les programmes et préparer nos conseils de
classe.


Nous ne sommes pas hostiles à une réforme des lycées. Les années précédentes,  nous élaborâmes un projet d'établissement qui faisait suite à une vaste consultation des parents et des
professeurs quant à la réforme des lycées, cf. le rapport Thélot. Je ne reviens pas sur les travaux de Descoing et Apparu, eux aussi mandatés pour réfléchir au mode de fonctionnement des lycées.


Nous avons été contraints à réagir de cette façon parce que ce qu'on appelle une consultation n'est qu'une explication plus ou moins claire des décisions prises par des  politiques qui
agissent d'une façon purement doctrinale. Quiconque étudie un peu ce qui est proposé voit très vite qu'il s'agit d'une improvisation constante : l'accompagnement personnalisé est une "usine à
gaz" qui va privilégier les élèves qui n'ont pas de difficultés, on réduit la part des enseignement fondamentaux, on feint de faire de la pédagogie en multipliant la dispersion des élèves. Quand
on s'en rendra compte il sera trop tard, et on ne pourra que constater la fin d'un service public de qualité.


La démarche rationnelle eut été de réunir ceux qui travaillent dans les lycées, administration, parents d'élèves, élèves, professeurs et tous les agents qui sont parties prenantes, et de tenir
compte de leurs expériences concrètes afin de s'interroger sur les conditions réelles de transmission du savoir et de formation. Une fois encore la technocratie utilisée par les politiques l'a
emporté sur le "bon sens".



Européen 19/05/2010 01:50



J'ajoute à mon commentaire précédent que les conseils de classes muets évoqués en classe de première vont laminer le dossier des élèves souhaitant s'engager dans des filières sélectives comme les
classes préparatoires, limitant ainsi leurs horizons. Cette lutte engagée pour l'immobilisme et la tranquilité est une catastrophe et ternit la réputation du lycée Jeanne d'Albret. Saint-Erembert
et Notre-Dame peuvent se frotter les mains.



Européen 19/05/2010 01:42



Ce qui se passe à Jeanne d'Albret est scandaleux. Courageux mais pas téméraire les "contestataires" se cachent derrière le très vague "les enseignants du lycée Jeanne d'Albret". D'autre part
prendre les élèves en otage est dramatique. Priver les élèves de leurs copies de bac blanc va plus handicapper les mauvais élèves que les bons qui de toute façon auront leur bac. Je garde des
doutes sur la qualité effective de la réforme mais je trouve lamentable les agissements irresponsables de certains professeurs prêts à sacrifier leurs élèves sur le double autel de l'idéologie et
du confort (surtout ne rien changer).



Robin 15/05/2010 19:39



Je me souvenais en effet de cet article du Journal de Saint-Germain qui est aux antipodes des faits que vous présentez ici. C'est fou comme un journal qui a l'air factuel et indépendant fait en
réalité des choix orientés. Le plus terrible c'est qu'on ne s'en rend pas compte !


Par ailleurs, deux couples parmi mes amis sont allés à la journée d'accueil pour les nouveaux élèves. Ils ont trouvé l'organisation très mauvaise (impossible de trouver la salle), et la
proviseure a fait en solo une présentation assez prétentieuse. On comprend mieux à la lumière de votre article l'impression mitigée que cette présentation leur a laissée. Un des deux couples est
parti avant la fin.