Quand la fenêtre de la Démocratie se rétrécit à Saint-Germain-en-Laye !

Publié le par Parti Socialiste de Saint-Germain-en-Laye

panneaugiraudteulonIl y a quelques jours, nous nous sommes interrogés sur la disparition à Saint-Germain-en-Laye d’un certain nombre de panneaux d’affichage d'expression politique. Etaient-ils en entretien, en réfection ou un nouveau modèle allait-il apparaître ? Par un blog de la majorité municipale, nous avons appris que pour notre ville de 43.000 habitants il y avait sur tout le territoire de la commune 112 panneaux répartis en trois catégories : 49 réservés à l’affiche municipal, 34 pour l’affichage associatif et enfin 29 sous le libellé « affichage d’expression politique ».

Par un savant calcul, nous apprenons que Saint-Germain-en-Laye était un excellent élève et que par rapport à l’affichage d’expression politique, nous étions très au-delà des textes réglementaires.

Les élus majoritaires ont pourtant décidé de supprimer 13 panneaux d’affichage d’expression politique (boulevard de la Paix, rue de la Grande Fontaine, square Louis Forest, Place du Souvenir Français, rue du Président Roosevelt, Boulevard Charles Gounod, rue Jacques Mollard, rue Bergette, rue Wauthier, rue Bonnenfant, rue Giraud-Teulon, rue des Bucherons, rue d’Alsace). Nous passons ainsi de 29 panneaux d’affichage à 16, c'est à dire trois fois moins désormais que l’affichage municipal qui reste bien sûr à 49 !

Quelle est la raison de ce recul ? Dixit le groupe majoritaire « pour des raisons de propreté et pour éviter le gaspillage suscité par le nettoyage fréquent de ces panneaux»(sic)! Et oui, il faut oser écrire cela. La démocratie est-elle sale ? Faut-il rappeler que la présence de tels panneaux, signe entre autre de démocratie, évite aussi l’affichage sauvage, plaie dans d’autres communes. Nous vivons décidément dans une « drôle » de ville en ce qui concerne la communication et l’expression pluraliste.

 

Je voudrais aussi rappeler la présence d’un arrêté municipal, rédigé par Michel Péricard et toujours en vigueur, interdisant la distribution de tracts ou de pétitions sur le marché. Pendant les campagnes électorales on oublie assez fréquemment cet arrêté en dehors moins souvent.

J’ai personnellement été interpellé une fois par la Police municipale en distribuant sur le marché de Saint-Germain un document de la Ligue des Droits de l’Homme.

Plus globalement, à la suite d’une ordonnance surprenante du Conseil d’Etat et touchant une ville voisine (Saint-Cyr l’Ecole), de plus en plus de maires, pour la plupart UMP, interdisent les tracts et les pétitions sur les marchés (Valenciennes, Nogent-sur-Marne, Colmar, Saint-Cyr l’Ecole, Orléans). Un marché est un moment d’échanges qui ne se réduit pas à la seule consommation. A partir du moment où l’on respecte les personnes, sans agressivité et avec sourire en ne forçant personne, pourquoi ne pourrions-nous pas distribuer sur un marché ? Sinon, quand inviter à participer à un débat ou proposer un petit journal contredisant les orientations du premier magistrat de la ville dans son clinquant magazine municipal ?

 

D’ailleurs, à propos du journal de la ville de Saint-Germain, 20 numéros par an avec chacun 24 pages. Vous avez remarqué qu’il est distribué dans chaque boîte aux lettres de la ville. Nous avons à Saint-Germain de l’ordre de 18.000 boîtes aux lettres. On pourrait donc estimer que le tirage réponde à cet objectif. Et bien pas du tout, il suffit de regarder la page 3 du journal bimensuel pour constater qu’il est tiré à 31.250 exemplaires, c’est-à-dire soit près de deux fois le nombre de boîtes aux lettres.

Lorsque que l’équipe municipale et son Maire en premier se présentent comme le champion du développement durable à Saint-Germain, s’est-on interrogé sur ces 8 millions de pages papier éditées par an dans notre ville ? Cela représente combien d’arbres ? Et pour « la propreté de notre monde » et la conservation de notre planète, va-t-on enfin mettre un terme à l’inflation du nombre d’exemplaires du journal de Saint-Germain qui n’a cessé de croître depuis 4 ans ? (26.000 exemplaires à 31.250 exemplaires aujourd’hui)

 

Enfin, la démocratie, quand bien même représentative, ne peut se déléguer au point d’imposer une restriction au niveau des échanges d’opinions ou de documents.

Irons-nous dans certaines villes jusqu'à interdire tout signe visuel d’opinion politique ? Et pourquoi pas toutes paroles ou documents qui n’encenseraient pas le maire en place ?

 

 

Pascal Lévêque

Conseiller Municipal

 

A lire également :

Disparition (provisoire?) de nombreux panneaux d'expression politique à Saint-Germain-en-Laye

Publié dans Politique locale

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estlimbaum 09/11/2012 19:18


Bravo pour cet article pertinent,argumenté et bien écrit


On se plaindra ensuite que les citoyens ne votent pas en dehors des présidentielles!