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SIDRU

Retrouvez ci-dessous notre dernière tribune libre parue dans le Journal de Saint-Germain du 6 novembre 2009.
Le budget 2010 de l'État présentera un déficit proche de celui de 2009 : les recettes ne couvriront que 60% des dépenses ! Il y a un an nous étions au bord d'une crise générale et la crainte du chaos justifiait un large déficit. Il n'en est plus de même aujourd'hui. Alors que nos voisins européens assainissent leurs finances, Nicolas Sarkozy laisse filer, et il semble acquis que cette politique durera jusqu'en 2012, année électorale.

 

A Saint-Germain, nous avons aussi nos dettes ; notamment celles de 41 millions d’euros qui reposent à 100% sur des produits financiers toxiques de gestion de dette (appelés « swaps »), effectués sous la responsabilité du président du Sidru (Syndicat intercommunal pour la destruction des résidus urbains) qui est aussi le maire de notre ville. Faute d’avoir augmenté la taxe d’enlèvement des ordures ménagères en 2005, pour financer ce syndicat, notre maire a parié sur les taux euros puis, après une première perte et malgré les avertissements de la gauche, sur la hausse du dollar contre le franc suisse. Depuis 2007 cette seconde position est également perdante.

Le 22 octobre, en réunion publique du Sidru, M. Lamy a reconnu que la situation d’un « swap » est alarmante. Il s’informe maintenant sur la possibilité de faire annuler ce contrat, ce que nous recommandons depuis plus de 6 mois (voir journal n°544 de mars 2009). [pdf 6,51Mo, page 16]

En attendant, comme il l’a dit lui-même "Avec mon IPhone je regarde 4 fois par jour le taux du dollar et du franc suisse". Faut-il se comporter en spectateur plutôt qu’agir ? Plus ces contrats se prolongeront moins cela sera neutre pour les Saint-Germanois. On est loin d’une gestion financière prudente de ce syndicat.

 

Pour plus d’informations :

- Déficit 2010 : http://ps.saintgermain.over-blog.org/categorie-524725.html

- Annulation des swaps : http://ps.saintgermain.over-blog.org/article-28205008.html

 

Et l'ensemble de notre dossier sur les finances du SIDRU

Vendredi 6 novembre 2009
- Par Parti Socialiste de Saint-Germain-en-Laye - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Au cours du conseil municipal de Saint-Germain du 1er octobre, le SIDRU a une nouvelle fois été en débat. Il s'agissait d'examiner le rapport annuel de ce syndicat intercommunal qui gère les déchets de 15 communes dont Saint-Germain-en-Laye. Sur ce dossier, notre analyse diffère fortement de celle du maire de Saint-Germain, également président du SIDRU, en particulier sur la question de la gestion de la dette.
Pascal Lévêque, conseiller municipal PS, a exposé les enseignements du rapport 2008 :
- En 1999, les élus des villes membres du SIDRU avaient décidé de différer  de dix ans une partie de la dotation annuelle que le syndicat doit payer pour le "gros entretien renouvellement" (GER) de l'usine d'incinération Azalys. Ce différé devait impérativement être réglé en 2008 et le SIDRU a donc payé 3,73 millions d'euros.
- Cette somme importante explique en partie la gestion de la dette du syndicat. Pour payer cette somme, il a fallu renégocier la dette et c'est dans ce cadre que des "emprunts toxiques" très risqués ont été souscrits.
- Le rapport 2008 confirme ce que nous disons depuis toujours (cf notre 1er article sur le Sidru en 2007), c'est à dire que ce syndicat est trop petit et que l'usine Azalys est surdimensionnée.  Elle ne tourne actuellement qu'à environ 50% de ses capacités et recherche en permanence des ordures à brûler pour équilibrer ses comptes. Le maire de Saint-Germain est même prêt à incinérer les boues de la station d'épuration Seine-Aval, il l'a déclaré lors de ce conseil municipal.
Lors du débat, le maire a annoncé qu'il "fera tout pour sauver cette usine", une déclaration pas franchement rassurante...

Voici l'intervention complète de Pascal Lévêque lors du conseil du 1er octobre (9mn)

Rapport 2008 du Sidru
envoyé par efr78. - L'actualité du moment en vidéo.

Lors du débat qui a suivi, le maire a indiqué "partage[r] assez largement [cette] analyse" et qu'avoir différé les charges liés au GER en 1999 n'était "pas une bonne politique".

Par contre, il a encore minimisé l'importance des pertes potentielles (voir notre dernière estimation) et répété que "le sidru est parfaitement bien géré". M. Lamy présente à nouveau la valeur de marché des opérations financières comme un dédit, gonflé par des pénalités fixées arbitrairement par la banque, alors qu'il s'agit de l'anticipation des flux futurs. Il a encore prétendu que "l'évaluation des flux futurs n'est pas un calcul scientifique". Cette manière de nier l'importance de la valeur de marché des swaps est le signe soit d'un aveuglement sur la gravité de la situation, soit d'une volonté délibérée de cacher aux élus et au public la situation financière réelle du syndicat.

Nous avons demandé si la "Charte de bonne conduite" des banques (dont nous avons signalé le caractère laxiste) serait appliquée et si la hausse temporaire du dollar de début 2009 avait été mise à profit pour sortir des swaps spéculatifs. Le maire a encore une fois joué sur les mots et prétendu avoir couvert les opérations à risque, alors qu'il n'en est rien.


Dans cette deuxième vidéo (2mn30), Emmanuel Fruchard, conseiller municipal PS, réagit à cette langue de bois et explique très clairement le caractère  pernicieux des produits souscrits par le SIDRU et le "cynisme des banques". Ces "swaps" génèrent des profits à court terme mais engendrent des risques importants sur le moyen et le long terme. Aujourd'hui, selon nos estimations, nous avons plus d'une chance sur deux de perdre et les sommes en jeu sont considérables (voir notre dernière analyse trimestrielle). Pour l'élu socialiste, "le problème ne sera pas résolu tant qu'on le niera"...

En désaccord avec notre analyse sur les risques pris par le SIDRU dans la gestion de sa dette, le maire de Saint-Germain a néanmoins déclaré "partage[r] [votre] critique des banques" sur ce dossier.

A lire également sur notre blog :
Tous nos articles sur le dossier SIDRU
Traitement des ordures à Saint-Germain : beaucoup de CO² et une mauvaise performance énergétique (10/2009)
Notre dernière estimation trimestrielle (09/2009)
Emprunts toxiques du SIDRU : le Monde en parle (06/2009)
Sidru : le syndicat a contracté des emprunts à hauts risques (Le Parisien) (11/2008)
Sidru : 2 vidéos pour comprendre le dossier (01/2008)
Le Courrier des Yvelines : les Socialistes attaquent le maire sur la gestion de l'usine Azalys (11/2007)
Traitement des ordures ménagères dans notre région (2) : la question des swaps (07/2009)
Traitement des ordures ménagères dans notre région (1) : l'historique (07/2009)
Lundi 26 octobre 2009
- Par Parti Socialiste de Saint-Germain-en-Laye - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Le rapport 2008 sur le prix et la qualité du service public d'élimination des déchets a été présenté lors du conseil municipal du 9 juillet 2009. Ce rapport couvre deux aspects du service public : leur collecte et leur traitement.

Le rapport de la municipalité, outre quelques erreurs pointées par les élus de la liste Saint-Germain Solidaire, ne contient pas l'estimation d'émission de CO2 que nous avions demandé l'année dernière.


La collecte se partage entre les apports volontaires (notamment à la déchetterie) et la collecte en porte à porte. L'ensemble des tournées de camions de ramassage entraîne une émission de CO2 que nous estimons à 2 kg par an et par habitant. Cette quantité est relativement faible, et d'une manière générale nous estimons que la collecte des déchets se fait dans de bonnes conditions à Saint-Germain.

 

Il en va tout autrement du traitement, et notamment de l'incinération des déchets non recyclés.

 

Bien que systématiquement enregistré par la municipalité, le conseil municipal n'est pas diffusé sur le site de la mairie. Voici donc un autre extrait du conseil du 4 juillet dernier (8mn23) qui montre l'intervention d'Emmanuel Fruchard (PS) et la réponse du maire E. Lamy (UMP). Un échange assez vif.

 

Les points à retenir sont les suivants :

- Les déchets des 15 communes du SIDRU (le syndicat intercommunal qui gère le traitement des ordures) ne représentent en 2008 que 53,5% de la capacité de l'usine d'incinération Azalys, et cette sur-capacité est en augmentation chaque année car la quantité de déchets à incinérer continue de décliner, au rythme de 1,3% par an en ce qui concerne Saint-Germain.

- Le tonnage de CO2 émis par l'usine d'Azalys pour 2008 était de 111 588 tonnes. Cela signifie que le tonnage de CO2 rejeté dans l'atmosphère est voisin du tonnage de déchets incinérés, et que les déchets des seuls Saint-Germanois émettent 13 000 tonnes de CO2 par an, soit un peu plus de 300 kg/habitant. Les déchets incinérés produits par les Saint-Germanois émettent plus de  CO2 que n'en capte chaque année toute la forêt de Saint-Germain !

 

- Nous avons également comparé la performance énergétique de l'incinération avec quelques références du domaine de l'énergie. En moyenne EDF a émis en 2008 133g de CO2 par kWh. Cette performance est de 600g de CO2 / kWh en Allemagne. L'usine Azalys émet 2700g de CO2 par kWh produit.

Il faut souvent se méfier des expressions flatteuses qui sentent fort le lobbying. La «valorisation énergétique» consiste en l'occurrence à émettre 3,8 fois plus de CO2 pour la même quantité d'énergie produite qu'une centrale thermique, et 20 fois plus qu'EDF. Certes il y a des déchets pour lesquels l'incinération est un moindre mal, mais ne la considérons pas mieux que cela.

 

- Ce rapport passe sous silence une hypothèse de travail que M. Lamy (maire de Saint-Germain, mais aussi président du Sidru) a soumis, de sa propre initiative, au débat lors de la dernière réunion publique du Sidru : la fermeture de l'usine Azalys. Cette proposition est doublement surprenante : tout d'abord le président a demandé que cette partie du débat ne soit pas retranscrite au compte-rendu de séance, ce qui constitue une atteinte à la transparence des débats de cette assemblée sur un enjeu aussi grand. D'autre part rappelons que l'usine a n'a été amortie qu'à 14%, sans compter les soultes des swaps. Malgré les piètres performances énergétiques de cette usine, il nous paraît irresponsable de parler de fermeture. Le message qu'ont retenu certains élus présents, c'est qu'il ne faut pas trop trier les déchets pour ne pas faire empirer l'état des finances du Sidru...

 

Nous pensons au contraire qu'il faut continuer à réduire la quantité de déchets à incinérer. Ce syndicat de 210 000 habitants est trop petit et exploite une usine qui convient à une population d'environ 400 000 habitants. Il est temps de contacter sérieusement d'autres syndicats pour mieux gérer notre outil d'incinération, en y ayant recours le moins possible.

 

A lire également sur notre blog :

Tous nos articles sur le SIDRU

Tous nos articles sur les dossiers examinés en conseil municipal

Un extrait du conseil municipal du 4 juillet en vidéo (la sélection de l'architecte de la crèche rue des Ecuyers)

Vendredi 2 octobre 2009
- Par Parti Socialiste de Saint-Germain-en-Laye - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Comme chaque trimestre, vous pouvez télécharger notre analyse (pdf, 72ko) des produits 'toxiques' contractés par le syndicat intercommunal qui gère notre incinérateur (Sidru).

La "charte de bonne conduite" des banques, dont nous parlions dans notre précédent bulletin, n'a toujours pas été publiée alors qu'elle était promise en novembre 2008 pour "la fin de l'année" 2008 par le gouvernement.

Pendant ce temps, la valeur de marché de nos swaps a perdu 6,4 M€, dont presque 5 M€ dûs à la seule baisse du dollar US.

 

A lire également sur notre blog :

Tous nos articles sur ce dossier

Notre précédente estimation (1e trimestre 2009)

Charte de "bonne conduite des banques" : le projet du gouvernement entérine les mauvaises pratiques

Charte de "bonne conduite des banques" : un article d'Emmanuel Fruchard dans la Gazette des communes

Mardi 22 septembre 2009
- Par Parti Socialiste de Saint-Germain-en-Laye - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Ainsi que nous faisons depuis près de deux ans, nous vous présentons notre analyse trimestrielle (de janvier à mars 2009) de la gestion de la dette du SIDRU, fondée sur des emprunts toxiques très risqués.

Entre fin 2008 et mars 2009 on a assisté à une hausse du dollar contre euro et franc suisse, ainsi qu'à une baisse des taux d'intérêt. Ce mouvement des marchés financiers, joint au fort effet de levier des swaps traités par le Sidru, a nettement diminué la perte latente, puisque la soulte qui faudrait payer aux banques pour annuler les produits ‘toxiques' est passée de 28 M€ à 12 M€.
Selon nos informations, cette baisse de la perte latente n'a pas été mise à profit par l'exécutif du syndicat pour se désengager des prises de risque principales, sur les taux de change.

Pour lire notre analyse détaillée trimestrielle, téléchargez ce fichier pdf (77ko).

A lire également sur notre blog :
Tous nos article sur la dette du SIDRU
Notre dernière analyse trimestrielle fin 2008
L'analyse trimestrielle du 3e trimestre 2008
Emprunts toxiques du SIDRU : Le Monde en parle

Vendredi 19 juin 2009
- Par Parti Socialiste de Saint-Germain-en-Laye - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mi mai 2009, nous avons évoqué sur ce blog le projet de Charte de "bonne conduite" entre les banques et les collectivités locales.
Emmanuel Fruchard
, conseiller municipal PS de Saint-Germain, y montrait les limites de cette charte qui vise à tirer les enseignements de la crise des emprunts toxiques pour les collectivités locales. Dans notre région, le Sidru est un exemple éclairant de ces emprunts toxiques aux conséquences potentiellement très graves pour les finances publiques.
Emmanuel Fruchard a publié dans le numéro de la Gazette des Communes du 1er juin une tribune intitulée "Relations banques-collectivités : une charte insuffisante".
Vous pouvez télécharger cet article au format pdf (1,96Mo).

A lire également sur notre blog :
Charte de "bonne conduite" des banques : le projet du gouvernement entérine les mauvaises pratiques
Tous nos articles sur le dossier SIDRU

Samedi 13 juin 2009
- Par Parti Socialiste de Saint-Germain-en-Laye - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Nous évoquons depuis deux ans les prêts à haut risques du SIDRU, le syndicat intercommunal qui gère les ordures ménagères de 15 communes, dont Saint-Germain-en-Laye. Les termes "emprunts toxiques" ou "prêts structurés" sont désormais mieux connus car de nombreuses collectivités locales en France y ont fait appel, sur le conseil des banques. Le président du SIDRU, Emmanuel Lamy, qui a signé ces prêts, balaie d'un revers de main nos critiques et ne répond pas aux journalistes.
Le journal Le Monde a consacré le 20 mai dernier un long article intitulé "Les villes tentent de sortir du piège des prêts à risque" au cours duquel est évoqué la situation du SIDRU.

Voici quelques extraits de cet article. Pour le lire en entier, cliquez sur ce lien.
"[...]
La crise entraînant l'explosion de leurs charges financières futures, les collectivités locales tentent de sécuriser leur dette en renégociant ces emprunts toxiques. Mais pour beaucoup, l'opération relève de la gageure. Voyant que son taux allait passer de 1 % à 7 % puis à 10 %, une ville a souhaité remplacer l'emprunt de 10 millions d'euros, à taux variable, par un autre, plus classique à taux fixe de 3 %. Mais elle s'est vu répondre qu'elle devait payer des frais d'annulation du premier prêt s'élevant à... 10 millions d'euros !

Pour sortir de son crédit de 45 millions d'euros, le Syndicat intercommunal de Saint-Germain-en-Laye (Sidru), qui gère les déchets, devrait, lui, payer 28 millions d'euros, bien plus que les 6,4 millions économisés les premières années du prêt. Les collectivités qui tentent de renégocier se voient couramment infliger des pénalités représentant entre 25 % et 40 % du capital restant dû. [...]"

 

Rappelons que la Cour des Comptes a émis au début de l'année un rapport très critique sur les produits structurés. Le Parisien avait également consacré en novembre 2008 un article sur les "emprunts à hauts risque" du SIDRU ainsi que 20 Minutes et déjà Le Monde à l'automne 2008.

Nous avions alerté sur notre blog dès juillet 2007 sur la gestion hasardeuse et spéculative de la dette du SIDRU. Cet article du Monde valide encore un peu plus notre analyse.

Nous continuerons à vous informer régulièrement sur ce dossier, véritable bombe à retardement pour les finances de nos communes.

 

A lire également sur notre blog :

Tous nos articles sur le dossier SIDRU

Produits structurés : rapport très critique de la Cour des Comptes

L'article du Parisien du 7 novembre 2008

L'article de 20 minutes du 17 octobre 2008

2 vidéos pour comprendre le dossier

Le Courrier des Yvelines : les Socialistes attaquent le maire sur la gestion d'Azalys (11/2007)

Présentation du Sidru

Lundi 1 juin 2009
- Par Parti Socialiste de Saint-Germain-en-Laye - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
La version en projet de la charte de "bonne conduite" entre les banques et les collectivités locales, annoncée par le gouvernement en novembre 2008, est bien loin de tirer les leçons de la crise des produits toxiques que certains élus et leurs contribuables attendaient. Elle contient certaines orientations positives, mais est en retrait comparée au rapport de la Cour des Comptes rendu public en février.
Tout d'abord, on note une évolution du rôle des produits financiers complexes pour les collectivités locales. Alors qu'il ne s'agissait en principe que d'instruments de couverture (visant à réduire les risques pour les collectivités), la charte présente l'usage de ces produits financiers par les collectivités comme visant à « profiter des évolutions qui lui sont ou seraient favorables » et l'innovation financière comme une source de « gains significatifs ». Cette description peut être lue comme une justification des opérations spéculatives observées ces dernières années et clairement dénoncées comme telles par la Cour des Comptes en février 2009.

 

Voir nos commentaires détaillés engagement par engagement sur ce projet de charte de "bonne conduite".

En conclusion, faute de modifications allant dans le sens des remarques ci-dessus, cette charte entérinerait des pratiques que la Cour des Comptes, ainsi que beaucoup d'élus, de fonctionnaires territoriaux et de professionnels des marchés désapprouvent : acceptation d'opérations à but spéculatif, habillage de comptes, effet de levier, vente d'options, opacité de gestion vis-à-vis des élus minoritaires et rémunération opaque des intermédiaires.

Emmanuel Fruchard

Conseiller municipal PS de Saint-Germain et professionnel des marchés

Samedi 16 mai 2009
- Par Parti Socialiste de Saint-Germain-en-Laye - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Voici notre point trimestriel sur la gestion de dette du Sidru (le syndicat intercommunal qui incinère nos ordures ménagères).
Comme chaque trimestre, notre bulletin (pdf, 65ko) décrit les opérations structurées, maintenant couramment appelées « produits toxiques », estime leur valeur de marché et résume les nouvelles récentes en lien avec la gestion de cette dette.

L'événement principal ce trimestre est la publication par la Cour des Comptes d'un rapport sur les produits structurés. Ce document sans concession et bien documenté décrit parfaitement les dysfonctionnements observés au Sidru.


Tout d'abord la Cour condamne sans ambiguïté le principe de ces opérations. « On ne sait pas quels fondements économiques et financiers peuvent conduire des collectivités [...] à décider d'indexer les taux d'intérêt de leur dette sur l'évolution d'une parité monétaire, [...] ou sur la pente de la courbe des taux du marché interbancaire. De tels choix révèlent la réalisation d'opérations consistant à parier avec un banquier sur l'évolution d'indices [...] sans lien avec l'activité ou le financement de l'emprunteur. Ils s'apparentent à une démarche spéculative et de ce fait, sont critiquables. » C'est exactement ce que nous exprimons sur ce blog avec constance depuis juillet 2007.

Ensuite notons que les swaps conclus par le Sidru sont très similaires mais plus dangereux encore que ceux cités dans le rapport. Notamment le swap qui parie sur un dollar fort par rapport au franc suisse est plus de 5 fois plus risqué au Sidru que celui retenu comme exemple par la Cour.

D'autre part la Cour précise bien que les gains comptables enregistrés par les collectivités ne reflètent pas « fidèlement » leur situation financière. Ainsi « le cadre comptable applicable aux collectivités territoriales [...] ne permet pas de rendre compte fidèlement de la réalité économique des contrats ». La Cour critique également les périodes de bonification : « plus la bonification de taux initiale est élevée, plus le risque de hausse future du taux est élevé ».

Ensuite la Cour recommande d' « améliorer l'information comptable :

- en adaptant le référentiel comptable, afin de prendre en compte la nécessité de provisionner les risques financiers inhérents aux produits structurés ;

- en retraçant notamment la valeur de marché [...] des produits dérivés [...] en annexe des comptes ».

Nous avons demandé la communication de la valeur de marché des swaps au président du Sidru à plusieurs reprises depuis octobre 2007. Elle nous a été refusée clairement, E. Lamy disant même « la valeur de marché ne veut rien dire ». Ce n'est qu'un an plus tard, en octobre 2008, et sous la pression répétée de membres du syndicat que le président du Sidru a reconnu que la valeur de marché était de -20 millions d'euros à fin août. Cette information confirmait exactement nos calculs, publiés sur ce blog le 8 septembre. Le manque de transparence que nous critiquons au Sidru a été également relevé par la Cour.

Enfin, la Cour critique le rôle des banques : « le succès des produits structurés semble dû à une stratégie commerciale efficace des établissements financiers, centrée sur des produits permettant d'opacifier la concurrence et de reconstituer des marges ».

L'enjeu est maintenant dans l'appréciation des défauts de conseil de la part des banques. Pour différentes raisons, il est anormal que les banques (Natixis et Depfa) aient vendu de tels produits à une petite collectivité, n'ayant pas de directeur financier et dans laquelle aucun membre du bureau n'a de compétence en finance. Pour l'instant le bureau du Sidru, toujours présidé par E. Lamy, n'a pas essayé de clore les positions spéculatives en pointant les fautes commises par les banques lors de la vente des swaps.

Il est clair que l'opportunité de négocier la sortie de ces opérations pour défaut de conseil ne durera pas. On peut aujourd'hui dire « je ne savais pas et j'ai été induit en erreur ». Ce ne sera plus possible en 2010 et après.


Pour consulter le texte complet du rapport de la Cour des Comptes :

http://www.ccomptes.fr/fr/CC/documents/RPA/12-risques-coll-terr-emprunt.pdf


A lire notre dossier SIDRU

Lundi 23 février 2009
- Par Parti Socialiste de Saint-Germain-en-Laye - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Voici la tribune libre du groupe Saint-Germain Solidaire paru dans le dernier numéro du Journal de Saint-Germain (pdf, 7.79Mo) le 30 janvier 2009.

Le numéro précédent du Journal de Saint-Germain [pdf, 6.35Mo] titrait sur le thème du traitement des déchets. Certes le choix technique fait dans les années 1990 par le prédécesseur d'E. Lamy tablait sur une augmentation des volumes d'ordures et l'usine d'incinération est surdimensionnée.
Cependant le problème principal n'est pas là. Le syndicat intercommunal (le SIDRU), qui gère la dette de l'incinérateur, a conclu divers produits financiers dits "toxiques". La lourde dette est ainsi soumise, à 100% et pour 20 ans, aux fluctuations des taux d'intérêt euro ainsi que des taux de change contre franc suisse et dollar.
Ces décisions ont toutes été prises et les contrats signés entre 2005 et 2007 par E. Lamy, président du SIDRU et maire de Saint-Germain. Pourtant, l'article ne donne la parole qu'au vice-président du SIDRU et pas à son président.
Est-ce une coïncidence si depuis que les produits financiers toxiques sont sur la sellette, E. Lamy prend ses distances avec ces opérations ? Il ne répond pas aux questions des journalistes sur ce sujet.
Sur ce dossier le silence de M. Solignac, adjoint aux finances de Saint-Germain, est également assourdissant alors que 20% de cette dette sera assumée par notre ville.
Clairement on veut préparer l'opinion à des augmentations de taxe, joliment baptisées d'« inévitable redéploiement financier ». Elles seront présentées comme inéluctables alors qu'elles sont en bonne partie le résultat d'une fuite en avant spéculative de la gestion de dette.
D'autres collectivités, comme le département de Seine-Saint-Denis, ont le courage de faire une analyse lucide de ces opérations et de tout faire pour les sécuriser au meilleur coût, en pointant les défauts de conseil des banques.
A Saint-Germain, faute de mea culpa, ce ne sont pas les banques qui paieront mais chacun de nous.
Emmanuel Fruchard, conseiller municipal PS

Pour plus d'informations :

Tous nos articles sur le SIDRU
Mercredi 4 février 2009
- Par Parti Socialiste de Saint-Germain-en-Laye - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

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